chapitre 5 suite

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Message  gregdenysse le Mar 16 Oct - 14:05

Notre siècle a vu beaucoup d'hommes qui se liaient le corps avec des chaînes, se couvraient d'un sac, se retiraient au sommet des montagnes; ils vivaient dans des veilles et des jeûnes continuels, donnant l'exemple de la discipline la plus sévère, interdisant à toute femme de franchir le seuil de leur humble toit, et, malgré ces rigueurs exercées sur eux-mêmes, c'est à peine s'ils pouvaient réprimer les fureurs de la passion.»
En plus du péché, il y aussi le scandale provoqué à l'extérieur par ces cohabitations. Bouche d'Or ordonna à ces vierges de quitter sur-le-champ les demeures des prêtres. Il leur donna le conseil de se marier si elles voulaient vivre avec un homme. La cohabitation avec les prêtres étant plus condamnable que la conduite des courtisanes. Le prêtre est un athlète du Christ. «Saint Paul disait: Ne soyez pas esclaves des hommes. Moi je vous dirai: cessons d'être esclaves des femmelettes qui nous entraînent avec elles à la perdition. Le Christ veut que sa milice recrute des soldats vaillants, des athlètes vigoureux que la lutte laisse debout et il ne nous a pas munis d'armes spirituelles pour que nous vivions, serviteurs de filles misérables, parmi les laines et les fuseaux.»
P.113 Bouche d'Or parlait rarement en chaire, il parlait devant les portes impériales ou bien se tenait au milieu des fidèles afin d'être plus près du peuple.
Dans l'Église d'Orient l'autel n'est pas visible. Il est séparé du reste de l'église par une cloison ouvragée, décorée de scènes de la vie du Christ et du saint patron de l'église. Trois portes: deux latérales et une porte centrale à deux battants donnent accès à l'autel. Les portes centrales qui s'ouvrent pour laisser passer le prêtre suivant les étapes de l'office, s'appellent «les portes impériales» - Note du traducteur.
Sa voix n'était pas forte. A cause de cela, il préférait être le plus près possible des auditeurs. Juste en face de lui, pendant qu'il prêchait, se trouvait le groupe des dames du palais, appartenant à l'aristocratie. A leur tête se tenaient les trois amies de l'impératrice qui se nommaient Marsa, Castricia et Eugraphia. Bouche d'Or avait l'impression, chaque fois qu'il voyait ces femmes à l'église, qu'elles offensaient Dieu et l'Église. Plus spécialement Eugraphia qui était la plus âgée de ces 3 femmes. P.114 Elle se fardait comme une idole égyptienne. Elle se teignait violemment les cils et les sourcils, se fardait le visage et portait des toilettes extravagantes.
Il les regarda dans les yeux et leur dit: «A quel prix estimez-vous donc vos excréments pour les retenir dans de l'argent?» Sa voix devint énergique: «Veuillez prêter l'oreille. Je n'exhorte plus, je commande impérativement. Libre à vous d'obéir ou non. Si vous persistez dans cette erreur, je ne le tolérerai pas et vous interdirai l'église. Les païens se moquent de nous et traitent notre religion de fable. Je vous ordonne donc de vous défaire de ces parures, de ces vases et d'en donner le prix aux pauvres, de ne pas persévérer dans cette folie. Résistez si vous voulez, protestez contre moi; je ne reculerai devant personne. Quand je rendrai mes comptes au tribunal du Christ, serrez-vous là pour me défendre? Quoi! tant de pauvres assiègent l'Église, et celle-ci, dont tant d'enfants sont riches, se voit incapable de les secourir? L'un reste repu, tandis que l'autre meurt de fin. L'un laisse tomber des excréments dans de l'argent et l'autre manque de pain. Folie! Férocité!.»
Selon Palladius Bouche d'Or dit à Eugraphia: «Pourquoi voulez-vous contraindre votre corps à rajeunir quand il ne le peut pas? Vous rabattez vos boucles de cheveux sur votre front à la manière des prostituées pour tromper ceux qui vous voient mais croyez-le bien, vous ne faites par là que confesser vos rides.»
P.115 Nulle femme ne pouvait pardonner cette offense. Même une chrétienne. Eugraphia ne pardonna pas.
En regardant leurs décolletés il dit que les femmes qui excitent les hommes dans la rue, au palais, sont des criminelles. Ces femmes doivent cesser de montrer leurs décolletés. C'est un attentant contre les hommes qui les regardent.
«Je vois dans votre attentat un degré d'horreur et de perversité que ne comporte pas même le crime de l'empoisonneur et de l'assassin. Car l'assassin et l'empoisonneur ne détruisent que le corps de leur semblable, tandis que ces femmes en détruisent l'âme. C'est à l'image de Dieu que vous donnez la mort.»
De plus, un assassin tue dans une intention quelconque: pour se venger, pour voler, tandis que les femmes qui par leurs décolletés excitent les hommes, commettent une mauvaise action gratuite, sans aucun profit. Elles commettent le crime pour le crime. Bouche d'Or sait qu'il est violent: «Mon discours je le sais froisse bien des susceptibilités. Je n'y puis rien. Les préceptes du Seigneur sont là... Je n'ai pas pris le langage du maître impérieux mais celui de la tristesse et de la douleur. Pardonnez-moi, je ne voudrais pas manquer à la bienséance en parlant de ces choses, mais j'y suis contraint.»
La haute société ne lui pardonna pas cette vérité.
P.116 Avec le même acharnement qu'il avait mis à débarrasser le palais épiscopal de ses meubles luxueux, Bouche d'Or voulut extirper le péché de la société de Constantinople. «Les riches dit-il, offensent en permanence le Seigneur. La sainte écriture nous enseigne: on ne vole pas uniquement en enlevant le bien d'autrui; on vole en ne distribuant pas ce qu'on possède.»
Un riche est comme un fauve. «Un riche n'a rien s'il n'a pas tout, un riche n'est pas un homme, son visage même atteste la bestialité de sa nature. Mêmes les bêtes sont moins impitoyables, leurs ongles sont moins déchirants.»
Bouche d'Or sait qu'il a déclenché un grand scandale en attaquant les riches. Il dit: «Beaucoup m'accusent de toujours attaquer les riches, mais c'est parce que ceux-ci attaquent toujours les pauvres. Oui, j'attaque les riches, c'est-à-dire non précisément les riches, mais ceux qui usent mal de leur richesse!»
«Les riches sont mes enfants et les pauvres sont aussi mes enfants.» Il leur dit qu'il veut les sauver: «Je t'arrache à l'avarice, je te rends sympathique à tous et je t'assure le royaume des cieux. Je t'aime... Quel autre te parlera de ton vice? Je désire ton salut, je suis ton médecin. Je ne crains qu'une seule chose: le péché.»
Après cette homélie de l'évêque, les riches cessèrent de venir à l'église.
P.117 L'idéal du saint est la destruction du péché en lui-même et dans ceux qui l'entourent, sur toute la surface de la terre. Le péché des hommes fait souffrir un saint comme le ferait une blessure de sa propre chair. Bouche d'Or le dit, pathétique: «Je ne veux pas me sauver et que vous soyez perdus. Ah! si je pouvais vous montrer quel amour j'ai pour vous, vous ne me reprocheriez pas de vous parler durement. Rien ne m'est plus cher que vous, même cette lumière.»
P.119 400 ans étaient passés depuis la naissance du Christ et pourtant les hommes n'étaient pas encore convaincus qu'ils étaient tous égaux; un esclave était considéré comme une créature à chaînes.
P.130 «Les embûches ne me font pas trembler... que personne ne me reproche d'avoir failli, et que l'univers entier me déclare la guerre. Car une telle guerre me peut que m'honorer. Voila le principe dans lequel je veux vous élever. Ne redoutez pas la colère de l'homme puissant, ne craignez que la tyrannie du péché. L'homme ne peut pas vous nuire. Vous seuls le pouvez.»
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