chapitre 4 suite

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Message  gregdenysse le Mar 16 Oct - 14:03

P.74 Tisamène était païen, il vint à l'église et monta dans la chaire d'où Bouche d'Or prêchait. Il donna sa parole d'honneur que les deux magistrats ne venaient pas pour démolir la ville mais seulement pour effectuer une enquête. Les citoyens respirèrent, soulagés. Les citoyens d'Antioche regardaient Tisamène là, dans l'église, comme le bon Dieu: avec reconnaissance et vénération. En regardant Tisamène, le préfet dans la chaire, comme s'ils regardaient Dieu, les fidèles d'Antioche oublièrent Jésus. P.75 Ils oublièrent l'église. Ils oublièrent Bouche d'Or. Pour eux une seule chose comptait: ils ne seraient pas tués ce jour-là.
Lorsqu'il vit tous les fidèles le dos tourné à l'autel et toute leur espérance tournée vers le préfet païen, Bouche d'Or se mit à pleurer... Il pleura parce que les âmes des Antiochiens s'offraient à n'importe qui, pourvu qu'ils soient sauvés de la mort. Les Antiochiens étaient sur le point de se perdre. Pour Bouche d'Or l'âme d'un homme perdu pour la juste foi était la plus grande perte qui puisse exister dans l'univers. «Je pleure la perte d'une âme, dont le prix égale bien celui des nations ou plutôt le surpasse.»
Les citoyens d'Antioche qui étaient chrétiens, au lieu d'enseigner aux païens de ne pas craindre la mort ni la douleur, recevaient des conseils des païens. «Ce n'est pas à vous de recevoir de pareilles leçons. C'était plutôt à vous de servir de maîtres.»
P.76 «Ne me montrez pas l'athlète au milieu de la palestre, montrez-le moi au plus fort de la lutte. Ne me parlez pas de la piété qui consiste à écouter, parlez-moi de celle qui se manifeste dans l'action. Au lieu de vous occuper du messager, il fallait fléchir le genou, invoquer le Seigneur, gémir ardemment et le Seigneur aurait écarté le danger.» Au cas où le Seigneur aurait voulu que les Antiochiens fussent massacrés ils devaient se laisser faire. Ils devaient se laisser massacrer, le sourire aux lèvres, et convaincus d'accomplir la volonté de Dieu. P.77 Ils devaient se laisser massacrer avec grandeur - avec une telle grandeur - que les soldats et les bourreaux fussent éblouis par cette grandeur des chrétiens. «Telle est l'âme des saints. Les saints, lorsqu'un danger les menace, n'examinent point comment ils pourront en être délivrés, mais ils consacrent tous leurs efforts à gagner à la cause de la vérité leurs persécuteurs.»
P.78 Bouche d'Or savait que cette chose pouvait être réalisée. C'était dans le pouvoir de l'homme. Ce fait avait été accompli par saint Paul Ac.26:25.
Amené devant ses juges Paul fut si digne, si fort dans sa foi, et si grand dans l'endurance de son supplice que les juges furent stupéfaits par l'attitude du saint. Bouche d'Or dit aux Antiochiens: «Voyez ce qui se passe entre Paul et son juge. Paul vient pour se défendre lui-même. Lorsqu'il se retire le juge est gagné à sa cause. C'est le juge lui-même qui l'affirme par ces paroles: Peu s'en faut que tu ne me persuades de me faire chrétien.»
P.79 Bouche d'Or envoya des émissaires dans le désert où vivaient les anachorètes.
P.83 Un beau jour les saints firent leur apparition dans les rues d'Antioche. Comme s'ils étaient tombés du ciel. Ils n'avaient rien d'humain dans leur aspect. Les uns étaient presque dépourvus de vêtements: ce n'était que squelettes recouverts de peau brûlée par le soleil.
P.84 Bouche d'Or écrit: «Eux qui depuis tant d'années étaient renfermés dans leurs cavernes... abandonnèrent leurs rochers, leurs cellules et accoururent ici de toutes parts, semblables à des anges descendus du ciel»
P.85 Bouche d'Or écrit que les ascètes «étaient comme des vaillants guerriers qui avant même de rejoindre leurs adversaires les forcèrent à fuir par leur simple aspect et le son de leur voix!»
Bouche d'Or écrit qu'un saint combat, nu, afin que l'adversaire n'ait pas de prise ni rien à prendre. Le saint est en même temps armé jusqu'aux dents, comme un guerrier, comme un lion, mais avec des armes spirituelles.
L'un d'eux s'appelait Macedonius. Il était connu sous le nom de Macedonius le Crithophage, c'est-à-dire le mangeur d'orge.
Arrivé sur place il rencontra Hellebicus et Cæsarius qui chevauchaient, accompagnés d'une escorte puissante, vers le tribunal. Le saint leur barra la route et leur ordonna de descendre de leurs chevaux. Macedonius donna cet ordre aux envoyés de l'empereur avec une telle autorité, que ceux-ci oublièrent qu'ils étaient les maîtres de la cité et mirent pied à terre, au commandement du saint en haillons.
P.86 Les gardes étaient ahuris de voir les légats impériaux exécutaient l'ordre d'un mendiant. Les gardes n'osèrent pas refouler Macedonius.
Après que Hellebicus et Cæsarius eurent mis pied à terre, Macedonius leur ordonna de partir pour Constantinople le jour même et de faire savoir à l'empereur Théodose que tout empereur qu'il était, il n'avait pas le droit de tuer même un seul homme. Il est vrai que les Antiochiens avaient brisé quelques statues, dit Macedonius. Ce n'était pas beau de briser des statues. Mais entre-temps les Antiochiens en avaient élevé d'autres bien plus belles que celles qui avaient été détruites. Si l'empereur tuait un homme innocent, il ne pouvait pas, lui, l'empereur, en construire un autre. L'empereur ne pouvait même pas fabriquer un cheveu d'homme vivant. Et conclut Macedonius, du moment que l'empereur n'est pas capable de construire un homme vivant, il n'a pas davantage le droit de le tuer. L'empereur doit remettre l'épée au fourreau et ne plus toucher aux êtres humains. Chaque homme est créé à l'image de Dieu. Chaque homme est une copie de Dieu.
Macedonius dit ce qu'il avait à dire et s'en alla. Les deux magistrats ne se fâchèrent point. P.87 Les envoyés impériaux dirent à Macedonius, par simple politesse, qu'ils transmettraient à l'empereur ses paroles, qui étaient fort sages. Après quoi Hellebicus et Cæsarius se remirent en selle et se rendirent au prétoire. Mais leur zèle d'enquêteur était moins grand. Les paroles du saint qu'ils avaient écoutées, au début avec le sourire, leur étaient restées dans la mémoire. Il existe des vérités qui obsèdent. Et les paroles du saint ne pouvaient pas s'effacer de leur esprit.
Les ermites venus sauver Antioche étaient nombreux. Ils parlaient aux policiers, aux magistrats et aux accusés d'égal à égal et les appelaient tous par leur nom.
Bouche d'Or écrit: «En les voyant, qui n'eût méprisé la mort?... qui n'eût dédaigné la vie?... Ils ne craignaient pas d'aborder les juges et d'intercéder en faveur des accusés en disant qu'ils étaient disposés à verser leur sang et à sacrifier leur tête pour arracher les prisonniers aux châtiments, prêts à les frapper.»
P.88 L'Armée ne pouvait les repousser, car ils ne craignaient ni les lances des soldats ni leurs épées.
Ils s'offrirent pour être exécutés à la place des condamnés à mort. Ils forçaient les mains des bourreaux à libérer les victimes et à les tuer eux. Entre-temps ils forcèrent les juges à leur faire une promesse: nulle image humaine ne serait plus effacée du livre de la vie. En quelques heures, le tribunal impérial d'Antioche fut paralysé. Ni soldats, ni juges, ni bourreaux ne pouvaient plus faire leur métier.
P.89 L'enquête fut suspendue. Les saints se retirèrent de la ville le soir même et réintégrèrent leurs ermitages, contents. Les Antiochiens étaient sauvés. Bouche d'Or avait réussi.
P.90 Flavien dit à Théodose: «Si les hommes admirent ces pierres précieuses qui brillent sur votre tête, combien plus admireront-ils la victoire que vous aurez emportée sur votre coeur... Car il est facile au maître de sévir contre ses sujets insoumis. Mais il est rare et difficile de pardonner. Vous donnerez un grand exemple aux siècles. Voyez, diront-ils encore, quelle est la puissance de la religion chrétienne. Elle a contenu l'indignation et la colère d'un homme qui dans l'univers n'a pas d'égal. Je viens de la part de Dieu vous déclarer que si vous pardonnez aux hommes leurs fautes et leurs faiblesses, votre Père Céleste vous pardonnera... Songez à ce jour terrible où nous devrons rendre compte de nos oeuvres... L'arrêt que vous prononcerez sera votre propre sentence.» P.91 Tel était le discours que Bouche d'Or avait rédigé pour Flavien. En même temps que Flavien, tout le personnel du palais plaidait la grâce d'Antioche.Vinrent ensuite Hellebicus et Cæsarius, porteurs du mémoire des saints. Assailli de toutes parts, Théodose signa l'acte de grâce de la ville d'Antioche.
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